Selon le sondage TNS/Sofres du début octobre 2006, l’évolution du pouvoir d’achat inquiète 42% des Français. 68% estiment que leur propre pouvoir d’achat n’augmente pas.
Au supermarché, les prix flambent. Le numéro de mars de 60 millions de consommateurs confirme que beurres, yaourts, pâtes, céréales, biscottes, pains de mie, riz et autres jambons ont vu leurs prix s'envoler de 5% à 48% entre novembre et janvier.
Les Français font les deux tiers de leurs dépenses d'alimentations dans la grande distribution, alors on peut se demander pourquoi les grandes surfaces sont-elles si chères ?
C'est un fait : les matières premières ont augmenté l'an dernier. Certaines ont même flambé : le prix du blé a été multiplié par trois en un an, le lait a augmenté de 20%. Il n'y a donc pas de mystère si ce sont les pâtes et les yaourts qui semblent tirer la hausse des prix en magasin. Le problème c'est que ces produits finis augmentent plus vite que les matières premières qui servent à leur fabrication.
Comment expliquer qu'un paquet de jambon augmente de 44% en trois mois dans un supermarché Auchan alors que les producteurs de porcs affirment vendre à perte ? "Entre les consommateurs et les producteurs, il faut qu'un certain nombre d'acteurs de l'économie soient plus raisonnables et plus responsables", accuse en réponse le ministre de l'Agriculture, Michel Barnier, qui vise sans les citer distributeurs et industriels.
Les Leclerc, Intermarché, et Système U profitent-ils alors d'un système qui leur serait complétement favorable ? En France, le secteur de la grande distribution est constitué d'un petit nombre d'acteurs qui détiennent des parts de marché localement très importantes, ce qui fausse la concurrence.
Les distributeurs français tireraient donc profit d'une situation très confortable qui leur permet de faire des marges beaucoup plus importantes à ceux de leurs concurrents européens.
La réponse aux prix élevés de la grand distribution se trouve du côté des géants allemands du hard discount, ces supermarchés qui vendent à prix cassé. Dans les années 90, Aldi et Lidl entament en France, par l'Est, la conquête qui les a conduit Outre-Rhin à détenir près de la moitié du marché.
Pour protéger les champions français de la distribution et le petit commerce, le pouvoir politique prépare un texte très clairement ciblé contre le hard discount allemand. La loi Raffarin de 1996 met un coup d'arrêt à leur développement en posant des mesures drastiques à l'implantation de nouvelles grandes surfaces de plus de 300 mètres carrés. L'effet est immédiat : le hard discount voit sa part de marché plafonner à 14% en France. Et les prix commencent leur ascension.
Système U a décidé de partir en éclaireur sur le terrain de la baisse des prix. L’enseigne qui fédère 885 magasins en France, dont près d’une centaine en Bretagne, annonce une baisse des prix de 5% sur une centaine de produits de consommation courante à partir de demain dans ses Hyper et Super U. Des produits phares tels que le paquet de café Carte Noire, le pack de Coca-Cola, la Vache qui Rit, le pot de Nutella ou de Nesquik sont notamment concernés.
Le magazine 60 millions de consommateurs avait jeté le discrédit sur les grandes surfaces en publiant dans son numéro de mars une étude inquiétante concernant la hausse des prix des produits.
L’enquête lancée en retour par le Gouvernement rend enfin son verdict, beaucoup moins alarmant.
"Une hausse constatée de 5% entre février 2007 et février 2008" relayait la ministre de l’économie, Christine Lagarde, lors d’une interview accordée à LCI. La ministre prend ainsi les devants de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), qui devrait rendre son "Observatoire des prix et des marges" d’ici peu.
Selon Christine Lagarde, l’étude portant sur 5700 produits de consommation indique une hausse incontestable des prix de revente, seulement dans une proportion moindre vis-à-vis des chiffres annoncés par 60 millions de consommateurs, "qui ne portent que sur des prix constatés sur Internet"...
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